Témoignage : La stigmatisation de la santé mentale

La stigmatisation présente autour de la maladie mentale est malheureusement encore très présente au Québec. Or, selon la fondation Douglas, 1 Canadien sur 5 sera personnellement touché par la maladie mentale au cours de sa vie. Vivre avec un TAG (Trouble d’anxiété généralisé), c’est avoir un poids de plus sur les épaules, sans compter les jugements des proches et des gens qui entourent la personne touchée.


Je m’appelle Florence, j’ai 25 ans, et je vis avec un trouble d’anxiété généralisée (TAG).


Vivre avec un TAG : mon histoire


Durant mon adolescence, je performais bien à l’école. J’avais des amis, je faisais beaucoup de sports et j’étais en bonne santé physique.


Malheureusement, la société stigmatise les maladies mentales et a tendance à minimiser comment l’enfant se sent vraiment face à une telle détresse. « C’est normal, l’adolescence, c’est difficile pour tout le monde. Ce sont les hormones, ça va passer. Arrête de dramatiser, il y a des choses pires dans la vie ». C’est ce qu’on m’a répété toute ma jeunesse quand je tentais d’exprimer le malaise avec lequel je vivais tous les jours.


À 23 ans, j’ai explosé. J’ai passé une année entière à vomir tous les matins avant d’aller au travail ou à l’école. J’avais des symptômes physiques qui m'empêchaient de vivre normalement. J’avais carrément peur de sortir de chez moi et d’avoir des interactions sociales. Je manquais des journées de travail et d'école régulièrement. On me disait que je ne devais plus m’absenter. L’anxiété continuait de grimper. Mon médecin me disait d’avoir une meilleure hygiène de vie, mais j’en étais incapable.


J’ai entre-temps développé des problèmes de consommation qui me donnaient un sentiment de répit pendant un court moment, mais qui contribuaient dangereusement à mon état anxiogène. Il est venu un moment où m’enlever la vie m’a traversé l’esprit. Un jour, l’une de mes crises était si intense que mon copain a dû m’amener d’urgence à l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, pour obtenir de l'aide immédiate.


Suite à cet épisode, on m'a mis 3 mois en arrêt de travail, on m’a prescrit du citalopram, et on m’a expliqué que non, je ne dramatisais pas. Ce que je vivais était valide. Et c’est cette étincelle qui a tout changé pour moi.


La stigmatisation autour de l’anxiété


J’étais tellement ''brainwashed'' qu’il m’a fallu des mois avant de m’avouer que mes maux, tant physiques que mentaux, n’étaient pas le fruit de mon imagination. Il s’agit d’une maladie qui demande d’être traitée.


La stigmatisation des troubles mentaux est encore bien ancrée dans la société et intériorisée dans nos croyances. En effet, être catégorisés comme « faibles », « fous » ou « malades à vie », rend difficile pour une personne souffrant d’anxiété d’admettre qu’elle a besoin d’aide. J’avais moi-même des préjugés face à ma propre maladie et je mettais la responsabilité de mes comportements sur mes épaules, alors qu’il s’agit carrément d’un problème chimique dans mon cerveau.


Peu importe la maladie mentale, il s’agit d’un problème de santé, tout comme un cancer, une cheville cassée ou le diabète. Alors, pourquoi la société marginalise-t-elle les personnes atteintes d’une maladie mentale?


Ma réponse : les pensées erronées et les croyances populaires entourant le concept de la maladie mentale.


Voici quelques exemples de comportements discriminatoires envers les gens souffrants de maladie mentale:

  • Diminuer les contacts avec la personne (ce qui augmente leur isolement);

  • Favoriser un employé plutôt qu’un autre en considérant sa santé mentale comme un facteur de décision.

  • Des intervenants de santé qui ne croient PAS un patient qui parle de ses symptômes physiques;

  • Des propriétaires d’immeubles qui sont réticents à leur louer un logement

  • Etc.

Ces comportements peuvent engendrer certaines réactions chez la personne atteinte et aggraver l’état mental de celle-ci.


L'anxiété : le combat d’une vie


J’ai longtemps pensé que je devais guérir de l’anxiété. Une amie à moi m’a dit un jour:


« L'anxiété fait partie de toi. Tu dois arrêter d’idéaliser de pouvoir vivre sans anxiété. Tout le monde en vit. Essaie plutôt de l’apprivoiser comme une partie de toi-même. Trouve des solutions qui te permettront de vivre avec ton anxiété sans qu’elle ait le contrôle sur toi ».

Aujourd’hui, j’ai les outils nécessaires pour faire face aux crises lorsqu’elles surviennent. J’ai arrêté les antidépresseurs et j'essaie de conserver une bonne hygiène de vie. Ce n’est pas toujours rose, mais c’est loin de ressembler à ce que je vivais il y a de cela 2 ans.


L’anxiété, c’est le combat d’une vie. Il faut apprendre à vivre au jour le jour, et apprivoiser cette bête noire en soi.


Comment agir vis-à-vis une personne anxieuse


Si tu vis avec une personne souffrant d’un trouble anxieux, certains comportements peuvent aider (à titre indicatif seulement, chaque personne a des besoins différents) :

  • Être patient et empathique;

  • Ne pas définir cette personne par son anxiété;

  • Renforcer positivement les petits et grands progrès;

  • L’encourager dans ses démarches;

  • Lui proposer des exercices respiratoires (comme la cohérence cardiaque par exemple);

  • L’écouter;

  • L’encourager à demander de l’aide d’un professionnel au besoin.


Aide et ressources


Si vous connaissez quelqu’un qui semble s’isoler et avoir besoin d’aide immédiate, voici quelques ressources:

  1. Revivre – L’Association québécoise de soutien aux personnes souffrant de troubles anxieux, dépressifs ou bipolaires

  2. Phobies-Zéro (Ligne d’écoute : 1 866 922-0002)

  3. Tel-Jeunes (Ligne d’écoute pour les jeunes de 5 à 20 ans : 1 800 263-2266)

Un service d’urgence est aussi disponible à l’Institut universitaire en santé mentale Douglas à Montréal et offert gratuitement aux personnes dans le besoin.


 

Salut! Je m’appelle Florence, je suis rédactrice web et créatrice de contenu/photographe. J’étudie présentement à l’Université en communications/marketing. Je suis une cat lady assumée et je suis passionnée par la nature et les animaux. Mon but dans la vie est de partager le positif autour de moi. 👋🏼


Sources utilisées pour la rédaction de cet article :

Québec | Troubles anxieux

CAMH | Lutte contre la stigmatisation

Fondation Douglas | La santé mentale

Ma Santé | Crises d’angoisse