Le Fast Fashion : Un enjeu féministe?

L’industrie du Fast Fashion se caractérise par le renouvellement rapide des vêtements proposés à la vente plusieurs fois par mois. Ce fonctionnement est rendu possible grâce à une production de basse qualité.


Des grandes marques telles que Zara et H&M ont recours à la sous-traitance dans des pays en voie de développement où les conditions de travail sont difficiles. C’est donc souvent en exploitant leurs travailleurs et leurs travailleuses que les marques de Fast Fashion peuvent se permettre de vendre des articles à des bas prix.


Le Fast Fashion est un enjeu féministe


85 % de la main d’œuvre est composée de femmes dont le salaire moyen est de 3$ par jour. Leur revenu étant trop bas pour répondre à leurs besoins de base, celles-ci vivent dans une pauvreté alarmante. Elles doivent fréquemment effectuer des longs quarts de travail dans des infrastructures peu sécuritaires. On se rappelle tous de l’effondrement du Rhana Plaza en 2013 qui occasionna plus de 1000 morts et des centaines de blessés.


De plus, le harcèlement sexuel est fort présent dans ces industries, affectant 1 femme sur 3 selon une étude de Care International. Une autre recherche a démontré que 60 % de ses informatrices avaient été victime de discrimination en raison de leur genre et qu’il y avait aussi eu des cas de violence physique.


La liste est très longue et nous ne nous attarderons pas sur tous les points, mais ce qu’il faut comprendre est que le Fast Fashion est un enjeu grave, dans lequel nous avons tous et toutes une certaine part de responsabilité.


L’impact écologique


Le Fast Fashion entraîne également des effets néfastes sur l’environnement. Cette industrie occasionne à elle seule 10% des émissions de carbone et elle se situe en deuxième place en termes de consommation d’eau. Ce n’est pas seulement la confection des vêtements qui pollue, c’est tout le cycle de vie du produit.


En 2014, le nombre moyen de vêtements achetés par année avait augmenté de 60% en comparaison à l’année 2000. En revanche, on garde nos articles pendant une durée qui a diminué de moitié. Cette surconsommation explique le fait que 85% de tous les morceaux de textile terminent dans les sites d’enfouissement chaque année. Pour vous permettre de visualiser l’enjeu, c’est l’équivalent d’un camion poubelle rempli de vêtements qui sont jetés à chaque seconde.


Reconnaître les privilèges dans la lutte contre le fast fashion


Il est clair que le Fast Fashion n’est pas la seule manière de se procurer des vêtements et qu’il y a des moyens plus éthiques. Seulement, sont-ils réellement accessibles à tout le monde? D’un côté, il y a l’achat seconde main, que ce soit en ligne ou en boutique. Il faut reconnaître qu’il y a un privilège de minceur, puisqu’il est extrêmement plus facile de trouver des morceaux qui nous font si nous rentrons dans les tailles « standards ». Pour les personnes grosses, magasiner seconde main est une option qui limite leurs choix, le volume de morceaux taille plus étant restreint.


D’un autre côté, il y a les marques de vêtements éthiquement produits. C’est merveilleux de voir tant de nouvelles entreprises innover dans l’industrie de la mode et c’est un élan qui se doit de prendre encore plus de place. Toutefois, ces marques ont souvent des tranches de prix plus élevées qui ne sont pas accessibles aux individus à faible revenu. Il y a donc un privilège socio-économique qui entre en jeu concernant l’achat chez des marques éthiques.


Quels gestes peut-on poser en tant que consommateur et consommatrice?


La première option est de réduire sa consommation. En effet, en portant nos vêtements pendant 9 mois de plus, l’émission de carbone du morceau est réduite de 30% (Patriot Act). De plus, lorsque vient le temps de magasiner, nous pouvons nous poser la question sur l’utilité de l’article. Vais-je réellement le porter? Est-ce que je l’achète parce que j’ai un coup de cœur ou seulement parce que le rabais est trop beau pour résister? En s’assurant d’acheter de manière responsable, nous pouvons tous contribuer à atténuer les impacts du Fast Fashion.

Vous pouvez aussi acheter en friperie, si c’est une alternative qui vous est accessible. L’industrie de vêtements usagés est en plein essor et l’achat en ligne est facilité grâce à des sites Internet comme Depop, Poshmark, Bon Magasinage, Thred Up, etc. Vous serez surpris(e)s du nombre de friperies qui voient le jour sur Instagram. Il y a même des marques qui vendent leurs propres articles usagés directement sur leur site Internet, comme Womance.


Finalement, encouragez les marques qui ont à cœur le bien-être de leurs travailleurs et travailleuses. Une bonne façon de se renseigner est d’aller directement sur leur site Internet. Si une compagnie fait des efforts écologiques et sociaux, l'information sera fort probablement affichée. Aussi, favoriser l’achat local est toujours une bonne initiative!


Voici une petite liste de mes coups de coeur:


  • Womance

  • Girl Crush Gang

  • Frank and Oak

  • Bon Magasinage

  • Super 8 Vintage

  • Eva-B et Eva-D

  • Marché Floh

 

Hello! Je m’appelle Alexandra et je suis actuellement étudiante en Marketing à HEC Montréal. Je dirais que ma plus grande qualité (ou défaut, c’est relatif) est ma curiosité. J’adore constamment apprendre et faire évoluer mes idées! J’ai toujours un livre à la main et si tu veux un deep talk sur les injustices de ce monde, je suis la personne à chercher.


Tu peux me retrouver sur Instagram @alexandra.vil!


 

Sources

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