Le complexe du sauveur blanc

TW : témoignage de violence et d’oppression vécue par des personnes racisées.


Avant propos : Ce texte est en aucun cas une critique négative des intervenant.e.s ou du milieu de l’intervention. Au contraire, c’est avec beaucoup d’amour et de bienveillance que j’écris ces lignes. Je crois simplement qu’un regard critique et une analyse de ces propres biais racistes est nécessaire et pertinente pour exercer ce magnifique métier.


De plus loin que je me souviennes, j’ai toujours eu ce besoin d’aider les autres. Je devais avoir 6 ans et je disais déjà à ma mère que je voulais faire des voyages humanitaires pour « sauver les gens ». Quand je repense à cette petite fille naÏve, j’ai juste envie de lui donner un gros câlin. Plus tard, lorsque le temps est venue de choisir mon métier, c’est sans surprise que la relation d’aide m’est apparue comme un « fit » parfait. Quoi de mieux que de gagner sa vie en aidant les autres? J’ai donc commencé des études en travail social et j’ai débuté mes premières expériences d’intervention.


Dans tout ce beau processus, je me suis rendue compte assez vite que quelque chose me rendait inconfortable dans notre façon de concevoir l’intervention ici, au Québec. Des modèles clairs, des approches distinctes, des méthodes d’intervention adaptées aux différentes problématiques sociales, mais qu’en est-il de l’intervention auprès des personnes racisées ? La complexité du vécu, l’intersection des multiples oppressions, le poids de l’esclavage et de la colonisation, reconnaître ses propres privilèges de blanc·che·s, pourquoi cela n’est-il pas abordé sur les bancs d’école?


Présentement, j’irais même jusqu’à dire que le modèle scolaire Universitaire actuel forme des professionnels sociaux racistes. En effet, le système d’éducation est raciste et contribue au racisme systématique. C’est une lourde « accusation » que j’émets, j’en suis bien consciente. Par contre, les faits et les nombreux témoignages sont présents. Dans une lettre ouverte - Justice pour Mireille NDJOMOUO, victime du racisme médical québécois, dés témoignages sont énoncés :

« Récemment, nous avons reçu le témoignage d’une étudiante infirmière noire dont la professeure lui a dit qu’elle était plus tolérante à la douleur et donc qu’elle pourrait servir de cobaye pour ses collègues étudiant·es. Une autre a vécu une césarienne à froid, d’autres subissent des micro-violences et certaines, comme Mireille, perdent la vie parce que l’on refuse de les écouter, de les croire, en raison, oui, de la couleur de leur peau. »

Tout ça, c’est désolant et difficile à lire, je suis d’accord. Mais il y a des pistes de solution.


Pistes de solution :

  • Cours OBLIGATOIRES sur les réalités des personnes racisées donné par une personne racisée.

  • Cours obligatoires sur les réalités des personnes autochtones donné par une personne autochtone.

  • Constamment se questionner en tant qu’intervenant.e et également questionner nos pratiques d’intervention.

  • Être un.e allié.e.

  • Donner la voix et la place aux personnes racisées et marginalisées.

  • Ouvrir le dialogue et dénoncer les injustices et le racisme.

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