L’acronyme LGBTQIA2S+

Dernière mise à jour : 23 mars 2021

Tout au long du mois de mars, Le Porte-Voix récolte des dons pour AlterHéros.


L’information contenue dans cette section provient de l’entrevue entre le Porte-Voix et AlterHéros. Guillaume, intervenant d’AlterHéros et chargé du recrutement des bénévoles pour le programme Pose ta question!, a toutefois pris le temps de décortiquer l’acronyme LGBTQIA2S+ ainsi que les enjeux propres à chacun.


On se rappelle d’abord que ces mots ne sont que des outils. Pour mettre des mots sur des réalités super complexes. Ça peut faire résonner des choses chez certaines personnes, et ne pas en toucher d’autres. C’est un vocabulaire qui grandit et qui s’actualise selon les prises de parole et les mises en lumière.


Il faut aussi savoir que c’est un vocabulaire qui est super occidentalisé. Les termes ne réfèrent pas nécessairement à l’identité culturelle.


L : Lesbienne.


Une femme qui a la capacité de ressentir de l’attirance romantique ou sexuelle envers une autre femme.


G : Gai.


Un homme qui a la capacité de ressentir de l’attirance romantique ou sexuelle envers un autre homme. Certaines femmes utilisent le mot Gai plutôt que le mot Lesbienne.


B : Bisexuelle.


Une personne ayant la capacité d’être attirée envers plus d’un genre. Au moins deux. Pas nécessairement deux genres. Ça inclut les personnes non-binaires, par exemple. Il y a un débat entre les personnes bisexuelles et pansexuelles à savoir qui inclut quoi, néanmoins Alterhéros ne juge pas que la bisexualité exclut les personnes trans.


T : Trans.


Une personne dont l’identité de genre ne correspond pas au sexe assigné à la naissance. Il y a les identités binaires et non-binaires. On parle donc des identités agenres, bigenres, gender-fluid, etc. C’est un sentiment fort et solide. Le seul facteur fiable de l’identité de genre est l’auto-identification.


Q : Queer.


On le garde pour la fin, car ce mot ouvre la porte à des débats très intéressants qui méritent réflexion!


I : Intersex ou intersuxé(e).


Une personne dont les caractéristiques sexuelles sont considérées ambiguës d’un point de vue médical. La personne en genre de la naissance d’un humain va attribuer le genre masculin ou féminin à la personne selon s’iel a une vulve ou une pénis. Par exemple, dans le cas d’une personne née avec un clit dick, le ou la médecin presrica une réassignation chirugicale en laissant le choix du sexe aux parents, ou non. Les parents ne sont pas toujours outillés pour prendre cette décision, ou encore pour accompagner l’enfant à ce sujet. Certaines personnes ne savent même pas qu’elles sont nées intersexuées.


Il n’y a aucun problème de santé à être né(e) intersexe. C’est tout à fait correct d’avoir un testicule et un ovaire. L’opération a vraiment pour but de corriger « l’anomalie » afin de correspondre aux normes binaires de la société. Certaines personnes vivront ensuite un parcours trans, si le ou la médecin a « mal » choisi le sexe assigné à la naissance.


A : Asexuel(le).


Une personne qui ne ressent pas ou peu d’attirance sexuelle. Être asexuel(le) n’est pas synonyme d’être aromantique. Ça ne veut pas dire que la personne n’aura jamais de relations sexuelles ou n’aura jamais de libido. C’est une lettre très important de l’acronyme car le milieu queer peut être très sexualisé dans son expression. Le milieu qui se veut safe devient donc unsafe pour les personnes aces.


Pour lire le témoignage de mon amie Flavie sur le sujet : Tu n'es pas brisé(e)


2S : Two-spirited.


C’est un terme revendiqué par les communautés autochtones en Amérique du Nord qui se traduit par bi-spiritualitée. L’idée est qu’on peut être habité à la fois d’un esprit féminin et d’un esprit masculin. Historiquement, les personnes two-spirited existaient bien avant la colonisation. Ces personnes avaient des rôles spéciaux dans la communauté, comme des maîtres de cérémonie ou des guérisseurs. Ce sont les blancs d’Europe qui ont imposé le modèle cishétéronormatif comme on le connaît, avec les génocides, les pensionnats, etc.


Ce n’est pas toutes les personnes autochtones qui vont s’approprier ce terme. Il est critiqué par certaines personnes autochtones étant donné qu’il provient du colonialisme. Mais en bref, c’est la réappropriation du fait d’être autre chose qu’un homme ou une femme par la communauté autochtone.


+


N’importe quelle tentative de définir les gens de la diversité sexuelle et de genre sera imparfaite. Le + inclut aussi les travailleur(euse)s du sexe, les personnes polyamoureuses, les personnes qui pratiquent le BDSM (à qui on doit une grande partie du concept de consentement qui est sur toutes les lèvres aujourd’hui), les personnes séropositives, etc.


Le Q


Un terme indéfinissable pour certain(e)s, concrets pour d’autres. C’est un terme qui provient du milieu anglo-saxon et qui à la base signifiait «bizarre», ou «étrange». C’était utilisé contre les gens qui performaient une forme de sexualité ou de genre qui alleient à l’encontre des standards cishétéronormatifs de l’époque. On parle donc de l’homosexualité, mais aussi de tous les comportements BDSM, les travailleurs et les travailleuses du sexe, etc. Et ses personnes ont revendiqué l’étiquette pour en faire quelque chose de positif.


Le mot queer est aussi intrinsèquement lié à un héritage politique. À un mouvement de contestation des normes sociales et de tous les mouvements juridiques allant à l’encontre de l’expérience des personnes queers. Quand on parle d’activisme, on se rapproche donc de la mouvance queer.


On peut utiliser le mot queer aussi pour exprimer une quelconque orientation sexuelle ou une quelconque expression de genre, parce qu’on considère qu’on se fout des mots. Car on peut critiquer la création de l’acronyme LGBT+ en la voyant comme une façon de normaliser l’orientation et l’identité dans le but de se fondre dans la société. Par exemple, pourquoi se marier, sachant que le mariage est à la base une institution patriarcale et cishétéronormative? En d’autres termes, c’est comme si l’acronyme LGBT+ signifiait « Regardez, je suis comme vous, je suis “normal”», là où la queerness signifierait « Regardez comme je suis différent et j’en suis fier ».


Dans tous les cas, la mouvance Queer a pour objectif de n’oublier personne, d’assurer le sentiment de sécurité des personnes queer et de répondre aux besoins de base de tous.


Mais qu’est-ce que ça veut dire, orientation et identité et expression? Clique ici pour le savoir

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