Harcèlement de rue : Quand on ne peut plus se sentir en sécurité.

« Il y a tellement de fois où je me suis fait siffler en courant que je ne les compte plus ».


« Il m’arrive semi-régulièrement qu’un homme baisse sa fenêtre de voiture et me crie des choses lorsque je cours ou lorsque je suis à vélo ».


« Je me suis fait aborder trois fois dans le dernier mois alors que je faisais simplement marcher mon chien ».


« Chaque fois que je vais dans le vieux, je me fais siffler et klaxonner ».


Ces témoignages ne sont que quelques exemples des nombreux messages que j’ai pu recevoir en sondant mes proches ainsi que les réseaux sociaux. J’ai lu des histoires qui m’ont fait remettre en question entièrement le sentiment de sécurité que je pouvais éprouver dans la rue ou en public. C’est à la suite de la parution d’un article sur ce sujet dans le journal, que je me suis mise à réfléchir sur l’ampleur du phénomène. Pour certains et certaines, on pourrait croire que le harcèlement n’existe pas dans nos rues, que nous sommes en sécurité et qu’il y a du respect pour tous et toutes. Pour d’autres, la réalité est toute autre. Le harcèlement, les attouchements et les sifflements sont un problème constant lorsqu’elles mettent le pieds à l’extérieur. On ne peut pas avoir la paix dans nos propres rues.


La première question que je me suis posé est : en quoi une personne se donne le droit d’harceler un autre individu dans la rue? En quoi est-ce qu’une personne se permet de me toucher ou de m’aborder avec des commentaires obscènes? Est-ce parce qu’ils peuvent se sauver rapidement, qu’ils se disent qu’ils ne reverront jamais la personne ou bien parce qu’ils pensent sincèrement que leur tentative de séduction va fonctionner? J’en ai aucune idée. Je sais cependant que bien souvent, nous avons l’impression que la situation est de notre faute, mais en aucun cas la victime n’est coupable des actions dégradantes et douteuses d’un autre. À aucun moment vous êtes responsable de ce que décide de faire ou dire une personne en situation de harcèlement de rue.


Certaines m’ont écrit qu’elles avaient subi des attouchements de passants alors qu’elles vaquaient à leurs occupations : « Un marcheur m'a taper les fesses alors que je courais ».; « Je jasais devant un bar et un homme qui passait derrière m’a pogné les fesses en passant ».; « Je commandais un verre au bar et un homme m’a empoigné les fesses ». Ce phénomène continue même dans les transports en commun alors qu’une personne me racontait s’être fait encercler par un groupe de trois garçons alors qu’elle était dans l’autobus. Ils lui passaient divers commentaires et l’un deux a alors tenté de l’embrassé de force.


Cette permission d’agir que s’offre certaines personnes a de nombreuses conséquences. Après une situation de harcèlement plusieurs ont mentionnées vivre : de la peur, des craintes, de l’anxiété, un malaise et même de la culpabilité. Ce genre d’action pousse les femmes a développé des mécanismes de défense qui ne devrait même pas exister : changer de côté dans la rue en croisant un homme le soir, garder ses clés en main, faire semblant de parler au téléphone, vérifier la banquette arrière de sa voiture, verrouiller ses portes dès qu’on est à l’intérieur, etc. On n’arrive plus à se sentir en sécurité et à l’aise lorsqu’on est en public.


Qu’est-ce qu’on peut faire pour diminuer ce fléau? Je suis loin d’être une experte et étant victime de cette situation moi-même j’ai de la difficulté à voir ce que je peux faire. Je crois que c’est une question de travail collectif. Nous devons tous et toutes agir lorsque nous sommes témoins d’une telle situation et il est primordial d’éduquer les autres à cette réalité présente partout, même à l’international comme certains témoignages me le partageaient. Il faut de plus éviter de normaliser ce genre d’acte. Il n’est pas normal de poser de tels gestes et il n’est surtout pas normal de devoir les subir. C’est ensemble qu’on peut favoriser un sentiment de sécurité et de bien-être dans nos rues.

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