Ce qui se passe vraiment dans les Maisons des jeunes

Audrey


Audrey est technicienne en travail social. Au quotidien, on dit toutefois qu'elle est animatrice sociale. C'est parce qu'elle travaille en Maison des Jeunes.


À une époque où elle se cherchait, on lui avait fait remarquer qu'elle avait une écoute naturelle. Parce qu'elle voulait exploiter ce talent et qu'elle ne voulait pas s'éterniser à l'école, elle a choisi la technique en travail social. Après un stage à l'organisme Interligne, elle s'est impliquée en Maison des jeunes.


Adolescente, elle fréquentait elle-même un organisme du même type. Elle affirme que le fait de fréquenter des animateurs·rices cools qui n'étaient pas là pour faire des leçons, mais bien juste pour assurer son bien-être global, ont changé sa vision de l’adulte. De plus, sa Maison avait une ligue d'impro, une activité qui l'a beaucoup aidé avec sa confiance en soi à l'époque.

Avec ce texte, Audrey espère déconstruire les préjugés sur les Maisons des jeunes et sur les adolescent·es.


Le quotidien à la Maison des jeunes


Le nom le dit, une Maison des jeunes est une maison qui appartient aux jeunes. Un·e adolescent·e peut donc entrer pour utiliser la salle de bain et prendre une collation avant de repartir, tandis qu'un·e autre peut s'y installer toute la soirée pour faire ses devoirs, jouer à des jeux-vidéos et socialiser. L'idée, c'est qu'iel sera accueilli tel qu'iel est.

Les projets sont décidés par les jeunes au cours de comités. Pour la semaine de relâche, iels ont voté qu'une sortie au Quartier Chinois serait organisée et une autre le serait au Laser Tag. De plus, iels veulent utiliser la cour pour faire un jardin ce printemps et peinturer le salon d'une nouvelle couleur. Les ados ont aussi parler de développer un projet de création de chandails en collaboration avec une autre Maison. Les animateurs·rices leurs fournissent le budget et l'encadrement pour mener à bien leurs projets. En contrepartie, les jeunes sont responsables de prendre soin de l'espace, en lavant la vaisselle par exemple. Bref, tout est mis en place pour leurs donner les outils nécessaires à devenir des adultes responsables, actifs et impliqués.


Avec la pandémie, plusieurs activités de la Maison se sont transposées en ligne. Audrey a passé beaucoup de soirées à jouer à Among Us avec les jeunes! Ça lui a fait chaud au cœur de constater que beaucoup d'adolescent·es choisissaient de rejoindre le Zoom de la Maison plutôt que de jouer entre eux.

L'intervention auprès des adolescent·es


La majorité des interventions ont lieu dans l'informel. Les confidences se font entre deux parties de Mario Kart. Les animateurs·rices voient tellement de choses, seulement en prenant le temps d'être là. Les ados veulent juste s'épanouir, se découvrir et qu'on réponde à leurs questions. Les animatrices espèrent simplement être les personnes qui pourront y répondre.


On est loin de la vision que c'est une maison qui réunit les touts-croches. On pense que c'est difficile, que les ados sont baveux, ou drogués, mais c’est loin d’être le cas. Tout ce que les jeunes veulent, c’est d’être écoutés dans leurs idées, dans leurs émotions. Et parfois les parents et les amis ne sont pas disponibles pour tenir ce rôle-là.

Audrey ajoute toutefois que si un·e jeune devait arriver sous l'influence de substances, la Maison où elle travaille l'accueillerait quand même de manière à assurer sa sécurité. On préfère le regarder chiller sur le divan que de le savoir dans la rue.


Comment aider?


Il y a évidemment les dons monétaires. Il arrive aussi que des Maisons vont faire des appels sur leurs réseaux pour demander des vêtements d'hiver pour les jeunes, des équipements de sports ou des jeux.


On peut aussi contacter une Maison pour proposer son expertise pour monter des projets. Par contre, il faut savoir que c'est 100% à la discrétion des jeunes.

Par exemple, j'ai proposé d'animer une soirée jeux de société étant donné que je travaille dans le domaine et que j'en possède plusieurs centaines. Mais les jeunes n'étaient pas particulièrement enthousiastes à l'idée, donc ça n'a pas eu lieu. Et c'est correct!

Le grand défi, c'est de détruire les préjugés. Les Maisons des jeunes sont méconnues, ce qui fait que plusieurs jeunes n'osent pas utiliser les services qu'elles procurent. Pour ce faire, on peut parler de la mission et du concept autour de nous, ou supporter les Maisons et leurs initiatives sur les réseaux sociaux.

Vous pouvez commencer dès maintenant en partageant cet article, par exemple.

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