Bref tour d’horizon de l’intersectionnalité

Dernière mise à jour : 8 févr. 2021

TW : oppressions systémiques (sexisme, discrimination de genre/d’orientation sexuelle, capacitisme, racisme, grossophobie, âgisme), mention de stéréotypes/préjugés, mention du suicide.


Je vous présente ici un très bref résumé de ce que je comprends à ce jour de la notion d’intersectionnalité et de son importance. J’ai fait le choix d’écrire à la première personne, car je vous parle du haut du podium de mes privilèges : je suis cisgenre, blanche, issue de la classe moyenne, avec un beau diplôme universitaire à afficher sur un mur, [...] : cette liste de mes privilèges n’est pas exhaustive. N’hésitez surtout pas à me signaler tout glissement qui pourrait s’être immiscé dans le texte.


L’intersectionnalité est un outil complexe, dont les fondements théoriques et l’application pratique ne font pas l’unanimité. Il en est de ces concepts qui semblent s’embrouiller au fil de nos lectures, mais que veux-tu : j’aime ça moi ces affaires là !


Si j’ai commencé mon billet par une courte liste de mes privilèges, c’est pour amener le nœud de l’affaire : l’intersectionnalité s’intéresse aux diverses oppressions qui peuvent être vécues par une personne. Ces oppressions interagissent entre elles de manière dynamique, sans hiérarchie. Les différentes dynamiques de pouvoir qui s’exercent sur une personne ne peuvent pas être séparées de son vécu au quotidien : elles sont là, partout et tout le temps.


Pour contextualiser davantage les effets de la discrimination, nous pouvons considérer l’accès aux différentes opportunités : trouver un logement convenable, obtenir un emploi valorisé et satisfaisant, avoir accès à des soins médicaux de qualité, obtenir du financement pour un projet, etc. De plus, les oppressions systémiques ont aussi d’autres conséquences sur les personnes qui les vivent : commentaires irrespectueux, insultes et mépris, plus de chance de vivre certaines problématiques de santé, voire une incidence accrue de se faire tuer/de se suicider.


Petite liste des différentes oppressions


Le pouvoir se négocie par plusieurs facteurs : le genre, l’orientation sexuelle, l’ethnicité, le niveau socio-économique, etc. Voici donc une petite liste des différentes oppressions qui peuvent s’exercer sur une personne ou un groupe :


  • Le sexisme : discrimination en raison du sexe (parfois du genre, mais on va démêler ça dans un autre texte!). Cela comprend aussi les stéréotypes et les attentes des rôles de genre. Par exemple, l’idée populaire que les femmes cisgenres sont naturellement douées pour prendre soin des autres et qu’elles le font par vocation/sacrifice/don de soi est une conséquence du sexisme.


  • La discrimination de genre/d’orientation sexuelle : les personnes membres de la communauté LGBTQ2+ sont sujettes à vivre ces oppressions, que ce soit en raison de leur genre (ex: une personne trans) ou de leur orientation sexuelle (ex: une personne homosexuelle, bisexuelle, asexuelle, pansexuelle, etc.). Exclure les femmes trans des luttes féministe est un exemple de ce genre de discrimination.


  • Le capacitisme (abléisme) : les personnes en situation de handicap sont sujettes à vivre ce genre d’oppression. Des exemples de handicap pourraient être : se déplacer en fauteuil roulant, utiliser une canne, avoir un ou plusieurs diagnostics d’ordre psychiatrique, etc. Il est ici possible d’inclure les personnes neuroatypiques (ex : les personnes qui présentent une déficience intellectuelle, un trouble du déficit de l’attention, les personnes autistes, etc.)


  • Le racisme : les personnes BIPOC (l'acronyme représente : black, indigenous, people of colour) vivent ces oppressions systémiques.


  • La grossophobie : les personnes dont le corps ne correspond pas aux standards de la société vivent cette oppression. Il est ici important de différencier une chose : certaines personnes peuvent présenter un surpoids et tout de même correspondre aux standards de la société. Des exemples de grossophobie pourraient être : la discrimination dans le milieu médical (ex : se voir refuser un soin, comme l’avortement, en raison de son poids), la difficulté à trouver des vêtements de la bonne taille pour s’habiller, l’impossibilité de réaliser certaines occupations (se déplacer en transport en commun, prendre l’avion, aller au cinéma, etc.) en raison de son poids.


  • L’âgisme : discrimination en raison de l’âge. Par exemple, prendre une décision à la place d’une personne âgée (qui est apte à décider!) ou l’infantiliser (dans notre ton, notre attitude et nos gestes) est âgiste.


  • La discrimination en raison du revenu socio-économique/du statut social : les personnes qui vivent en situation de précarité économique vivent des oppressions systémiques, notamment en raison des préjugés qui y sont associé. À titre d’exemple, un préjugé bien répandu est de considérer qu’une personne s’acquitte moins bien de son rôle parental en raison de son faible revenu, ou encore que les personnes qui reçoivent des prestations d’aide sociale ne veulent simplement pas travailler. Il est aussi important de considérer la scolarité -qui est un privilège- d’une personne, car elle est un facteur déterminant du statut social.


Cette liste des oppressions n’est pas exhaustive, mais elle pourra tout de même, j’ose espérer, permettre à quelques personnes de mettre des mots ou des définitions simples sur des enjeux complexes.


Pour en voir/savoir un peu plus


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Références (autres que ma cocologie!)


Ligue des droits. (2021). Intersectionnalité. https://liguedesdroits.ca/lexique/intersectionnalite/


L’association pour les droits de la femme et le développement. (2004). L’intersectionnalité : un outil pour la justice du genre et la justice économique. https://www.awid.org/sites/default/files/atoms/files/lintersectionalite_un_outil_pour_la_justice_de_genre_et_la_justice_economique.pdf


Sexisme. (20 janvier 2021). Wikipédia. https://fr.wikipedia.org/wiki/Sexisme

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