AVRIL : LA VIOLENCE FAITE AUX FEMMES, AVEC MAISON HINA

Tout au long du mois d’avril, Le Porte-Voix organise une collecte de fonds pour Maison Hina.


Maison Hina est une maison d’aide et d’hébergement pour les femmes victimes de violence conjugale et leurs enfants. Une ou des intervenantes sont toujours sur place pour les accompagner dans leurs démarches juridiques, financières ou médicales. Les femmes bénéficient d’un suivi structuré. Au moins une fois par semaine, elles rencontrent leur intervenante assignée.

« La mission de la Maison Hina est de travailler à un changement social pour parvenir à une société non-violente et égalitaire. Ceci implique de travailler au niveau des services offerts aux femmes victimes de violence conjugale et à leurs enfants ainsi qu’au niveau de la lutte pour une société sans violence, sans discrimination et sans sexisme. »

Pour ce billet, j’ai rencontré Nathalie Villeneuve, coordonnatrice de Maison Hina. Elle y travaille depuis 1992, dans le temps où la maison se nommait Coup d'Elle. Elle a été représentante du regroupement des maisons d’hébergement et intervenante auprès des femmes et des enfants.


La maison


Il y a 14 places à la maison. Chaque femme est assurée d’avoir sa propre chambre, qu’elle partage avec ses enfants si elle en a. Ainsi, chaque femme est assurée d’avoir son intimité, ce qui est très précieux. La maison est un milieu de vie communautaire où les femmes sont invitées à cuisiner ensemble et à se côtoyer dans la salle de télé ou dans la salle de jeux. Du moins, c’était le cas avant la pandémie.


La clientèle est très variée. Certaines femmes ont 75 ans, d’autres 19. En général, les femmes vivent à la maison de 4 à 6 semaines, le temps d’obtenir un revenu (emploi, aide sociale, pension alimentaire) et de trouver un appartement. Il faut dire qu’avec la crise du logement, les délais sont prolongés ces temps-ci.


Dans tous les cas, il n’y a pas de date butoir à son hébergement chez Maison Hina. Les femmes peuvent y demeurer tant qu’elles en ont besoin. Cela signifie aussi qu’elles peuvent partir quand elles le désirent, que ce soit pour retourner chez elles avec leur conjoint, ou non. Maison Hina préfère laisser cette liberté aux femmes.


L'approche est féministe, dans le sens qu’elle vise à redonner aux femmes le sentiment de contrôle qu’elles ont perdues. Ainsi, peu importe ce qui se passe après le départ de la maison, les femmes savent qu’elles bénéficieront toujours du soutien de Maison Hina et des intervenantes. La meilleure manière d’assurer leur sécurité est de mettre sur pied un plan de retour, avec des conditions, des limites, et un plan de secours au besoin.


Les services


Maison Hina offre des ateliers en école. Avec des jeunes de la maternelle au secondaire, on aborde ce qu’est une relation saine, quelle est la différence entre la violence et la colère, ce qu’est le respect, etc. Récemment, les intervenantes de Maison Hina ont monté un programme d’éducation sexuelle. Lors de l’entrevue, on me disait que des intervenantes revenaient justement d’un atelier en maternelle pour enseigner le concept de « bulle personnelle » aux enfants.


On peut obtenir du soutien sans vivre à Maison Hina. Souvent, les femmes réalisent qu’il y a peut-être un problème à la maison, mais elles ne sont pas prêtes à partir ou elles ne désirent pas venir en maison d’hébergement. Des intervenantes peuvent les soutenir dans la gestion de l’ambivalence, dans les démarches de déménagement ou tout simplement dans la charge émotionnelle qu’elles vivent.


Il y a aussi l’écoute téléphonique, que ce soit seulement pour discuter, pour demander une intervention externe, ou même pour demander l'hébergement.


Comment aider?


Les dons récoltés vont directement aux besoins des femmes. Par exemple, Maison Hina aime fournir un kit de départ aux femmes qui quittent, qui inclut des cartes-cadeaux d’épicerie et le nécessaire pour nettoyer un nouvel appartement. Les dons permettent aussi l’achat de nouveaux jouets pour les enfants. Après tout, c'est presque qu'une centaine d'enfants qui jouent avec chaque année.


Il faut savoir que les programmes en école mentionnés plus haut sont aussi rendus possible grâce aux dons.


Comme l’endroit est confidentiel, on ne peut pas aider directement autrement que par les dons, comme c’était le cas pour les organismes communautaires de février et de mars.


Nathalie Villeneuve me disait toutefois que la meilleure façon d’aider, ça reste de dénoncer. De prendre position. D’être sensibilisé.e pour reconnaître les signes chez sa mère, sa sœur, sa collègue, etc. C’est de dire à son amie qu’on est là pour elle, et que si elle le désire, on peut appeler SOS Violence Conjugale avec elle.


On a tous et toutes le pouvoir d'aider.



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